08/11/2022


photo Edito Maire

















De grâce, rendez-nous les députés-maires !


L' Edito de votre Maire



Les élections se suivent et ne se ressemblent pas. Le second tour des élections législatives a réservé quelques surprises de taille et rebattu les cartes au sein du paysage politique de l’Assemblée nationale. Si la situation est « inédite » comme l’a souligné l’actuelle Première ministre, elle n’est peut-être pas de nature à empêcher l’exercice du pouvoir. Ce qui est certain, c’est que cet exercice ne sera plus aussi vertical que jadis. L’Assemblée nationale va retrouver une forme d’autorité que le fait majoritaire du quinquennat précédent avait sévèrement entamée et redevenir, nous l’espérons, le lieu du débat, de l’échange, de la recherche du compromis permettant de dégager des majorités partielles et plurielles.
Alors que certains brandissent aujourd’hui le spectre de la paralysie institutionnelle, il est difficile de croire en leur sincéritéalors qu’ils militaient hier en faveur d’une dose de proportionnelle, voire de la proportionnelle intégrale : ce mode de scrutin dont on sait qu’il offrirait à l’Assemblée nationale un visage a minima équivalent à celui qui résulte des présentes élections législatives !
Par contre on ne peut que s’interroger sur le bien-fondé de la loi sur le non-cumul des mandats. Son objectif semblait louable au départ puisqu’il s’agissait de dégager du temps au député pour l’exercice de son mandat et pour le bon mécanisme de la représentation nationale ; mais la suppression du cumul a, au contraire, précipité l’éloignement du député vis‑à-vis du citoyen et ceci d’autant plus aujourd’hui, où plus de la moitié des nouveaux députés ne disposent pas d’un mandat d’élu local.
Auparavant le monde des élus nationaux et celui des élus locaux se parlait au travers du député-maire ; aujourd’hui le fossé s’est aggravé carles députés primo-élus manquent bien souvent cruellement de connaissances sur la manière de gérer les collectivités au quotidien. Nous avons pu le constater quand les « gilets jaunes » s’exprimaient chaque samedi pour dire leur désarroi. Nos députés n’ont pas su anticiper la colère qui montait et l’incompréhension qui grondait. La solution est venue du terrain. Le Président de la République a lancé le grand débat national après avoir enfin sondé les maires, les seuls fantassins de la ­République en prise directe avec les administrés et la réalité du quotidien !
 
Par ailleurs les députés, lorsqu’ils sont élus, devraient se considérer comme affranchis dela tutelle de leur parti etencore plus de la tutelle du pouvoir exécutif car ils n’ont de compte à rendre, en dernière analyse, qu’aupeuple qui les a élus !Or les députés ne peuvent remplir leur mission en toute indépendance que s’ilsont déjà acquis une grande compétence de gestion publique grâce à l’exercice durable de mandats locaux.
Et un député ne peut obtenir la confiance de ses concitoyens que s’il s’impose par lui-même en fonction de sa science, de sa culture et de son expérience. Si ce n’est pas le cas, si le député n’est que le reflet, sans consistance personnelle,soit d’un parti, soit du pouvoir exécutif, ou pire encore, d’un parti détenteur à lui tout seul du pouvoir exécutif, alors à la confiance initiale, succède rapidement l’indifférence voire même l’hostilité. Et l’électeur se rendant compte que sa souveraineté n’est qu’un mot vide de sens, qu’il n’est que le spectateur d’une pièce qui se joue en dehors de lui, alors il s’abstient de voter, cedont ne peut que se réjouir un pouvoir exécutif aspirant à la toute-puissance face à des pouvoirs locaux asphyxiéset à l’anémie des assemblées législatives.
 
C’est pourquoi la suppression, en particulier du député-maire, a été un très mauvais coup porté à la démocratie par des gens qui pourtant se réclament à longueur de temps des valeurs républicaines !Plusieurs parlementaires s’étaient exprimés lors du mandat précédent et notamment le Président du Sénat qui avait qualifié la loi sur le non-cumul des mandats de « lourde erreur » et de « fausse bonne idée ». Une première tentative de rétablissement de la possibilité de cumuler les fonctions pour les communes de moins de 10 000 habitants avait été effectuée à travers une proposition de loi en 2018, mais aujourd’hui il est vraiment temps de reposer le problème d’autant plus qu’il y a en France une singulière anomalie !
Alors que dans toutes les collectivités locales (communes, départements, régions), la fonction exécutive procède de la fonction législative, au niveau du pouvoir central la plupart du temps, c’est la loi qui émane des projets du pouvoir exécutif. Le constat est sans appel : alors que la plupart des collectivités ont des budgets à l’équilibre, l’Etat lui a réussi l’exploit d’imposer à notre Nation 3 000 milliards d’euros de dette publiquealors que dans les pires moments, les Républiques précédentes n’ont jamais atteint une telle performance !C’est pourquoi même sicette fois-ci, l’Assemblée nationale a retrouvé la quasi plénitude de sa souveraineté, pour que la cité soit gouvernable, jamais la présence du député-maire n’a été aussi indispensable !
 
En attendant, en ce début de législature, le Gouvernement vient de déclarer « qu’il souhaitait associer les élus locaux, notamment via un agenda territorial, à l’élaboration des politiques publiques et à la mise en œuvre de solutions différenciées dans tous les domaines ».Cette première annonce d’intention d’un nouvel acte de décentralisation et de différenciation est encourageante mais sera-t-elle vraiment suivie d’actes ? Nous attendons depuis trop longtemps que le gouvernement stoppeses logiques descendantes qui ont placé les collectivités dans une position de sous-traitantes de l’Etat. Une position tellement dégradée que le principe de subsidiaritéqui devrait être le principe structurant de l’action publique, devient de plus en plus un vague souvenir !
 
De nombreuses questions restent en suspens, comme la question du financement des mesures annoncées pour les collectivités alors même qu’elles sont elles-mêmes confrontées à des difficultés financières majeures liées à la baisse de leurs recettes et à l’augmentation des dépenses, mais soyez assurés de notre vigilance de chaque instant, nous ne manquerons pas de vous faire part du sort qui sera réellement réservé aux collectivités.
 
Pour le moment, profitons de l’aird’été qui règne encore sur notre village. Il y a eula pièce de théâtre « Sur les Rails », la fête de la musique,la fête de l’école, le festival des Nuits de l’Orangerie, le feu d’artifice de la Fête Nationale, la soirée patrimoine et musique…il y a eu de multiples occasions de se rassembler, de se retrouver, de redécouvrir Montéléger et ses habitants.
Alors que les vacances scolaires se terminent et que nous sommes au milieu de l’année, nous avons pu apprécier le retour presque normal à toutes nos habitudes associatives, artisanales ou économiques. Espérons que cette vie sociale retrouvéepuisse se poursuivre…
                                                                                              Belle fin d’été à tous !